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Une révolution est en marche !

Une révolution est en marche !

Les révolutions industrielles commencent toujours par des signaux faibles.

Je parle ici des nouveaux comportements et des innovations qui vont catalyser un changement profond de nos sociétés. Quels sont ces tendances, ces signaux annonciateurs et ces innovations déjà présents et quel est le changement qui va en résulter ?
Je pense que le citoyen, nous même, allons cesser d’être de simples acheteurs et utilisateurs pour devenir des concepteurs et des producteurs.
Je m’explique. Imaginez que les objets (assiettes, verres, chaises, meubles, bouteilles, brosses à dents, vélos, vêtements, etc.) dont nous nous servons tous les jours ne soient plus achetées chez divers fabricants dont c’est le métier, mais tout simplement fabriqués chez soi, au design voulu avec des matériaux recyclables ou biodégradables. Imaginez, que nous produisions nous même l’énergie nécessaire à nos besoins domestiques. Imaginez qu’au milieu des villes chacun ait son lopin de terre qui lui fournisse ses légumes et ses fruits. Nous pourrions nous passer des entreprises qui nous fournissent en électricité, des supermarchés qui distribuent les marchandises dont nous avons besoin, des firmes qui organisent le marché de l’alimentaire. Bref nous serions autonomes et les grandes entreprises du CAC 40 en péril !
Cette décentralisation est-elle inimaginable ou est-elle déjà en marche ?
Je pense qu’elle est déjà présente et bouleverse de nombreux modèles économiques. Déjà nous n’avons plus besoin d’hôtels et de tours opérateurs pour séjourner dans une ville à l’étranger grâce aux échanges d’appartements. Nous n’avons plus besoin de Virgin pour acheter des mp3 de musique qui sont produits sans les maisons de disques grâce à nos ordinateurs personnels et financées sans les banques grâce aux internautes via le crowdsourcing. Nous n’avons plus besoin des entreprises de développement de logiciels grâce aux petits génies de l’open-source et des applications pour Smartphones. Ce sont quelques exemples déjà présents qui préfigurent de l’avenir. Voici les innovations qui vont propulser le changement.

L’âge d’or d’Internet

Nous avons vu l’essor fulgurant d’internet et nous rentrons dans son âge d’or. Internet permet de connecter les gens entre eux et permet donc de s’affranchir de la centralisation pour fonctionner en réseau. Il permet des échanges d’informations beaucoup plus efficaces qu’avant ce qui catalyse les changements. L’évolution de nos sociétés est fortement liée à l’évolution des connections entre individus. Les quatre révolutions industrielles précédentes ont été engendrées par une forte amélioration des connections entre individus. La deuxième révolution industrielle qui débuta vers 1830 a été générée par le développement du chemin de fer. La troisième révolution industrielle à partir de 1875 a vu le développement de la téléphonie. La quatrième révolution industrielle qui commença en 1908 a été générée par le développement de l’automobile. Ces révolutions ont été précédées ou accompagnées par des révolutions industrielles de l’énergie, grâce successivement à la domestication de l’énergie hydraulique, à l’utilisation du charbon, de l’électricité et du pétrole. Internet s’inscrit dans cette amélioration du maillage de connections entre les gens.

Les imprimantes 3D

L’histoire récente de l’impression en trois dimensions commence modestement en 1981 par le Japonais Hideo Kodama qui réalise les premières expériences d’impressions 3D. En 1984, l’américain Charles Hull fabrique une première machine. Une génération plus tard, les imprimantes 3D savent forger des objets en plastique, en métal, bientôt en cuir ou en bois. Les matériaux peuvent être tout ce que nous voulons. Nous pouvons imprimer des vêtements, des os et des tissus biologiques pour des greffes ou même des circuits électroniques. Les limites sont sans cesse repoussées. EADS a réalisé un vélo par impression 3D. Une équipe aux Etats-Unis est en train de construire une petite maison en l’imprimant directement au sol. Les prix des imprimantes 3D classiques baissent aussi vite que leur rapidité augmente. Les premiers prix commencent aujourd’hui à 750€. Associées aux ordinateurs et à Internet, elles constituent le fondement d’une nouvelle révolution industrielle, la numérisation de la production. Avec deux axes forts : petites séries (et donc sur-mesure) et proximité (et donc relocalisation). La numérisation de la production va bouleverser les stratégies de localisation des entreprises, et donc jouer un rôle central dans le redressement productif des pays – ou son contraire. Elle va aussi bousculer les règles de la propriété intellectuelle. Un choc comme celui qui a frappé hier l’industrie musicale pourrait bien toucher demain l’industrie tout entière, avec les plans architecturaux d’objets qui circulent librement sur Internet. Chacun sera producteur indépendant en créant ou téléchargeant les plans des objets que l’on désire imprimer en trois dimensions. Enfin, la numérisation de la production va déplacer la chaîne de valeur. Elle pourrait amputer la base de la TVA, premier impôt français. Quelqu’un pourrait-il prévenir Bercy ?

iMake, fait le toi même (photo-montage)

L’indépendance énergétique

Actuellement et surtout dans notre France colbertiste, quelques entreprises seulement fournissent l’électricité dont nous avons tous besoin. Il est facile d’imaginer qu’avec les progrès sur les énergies renouvelables réalisés ainsi que les nouvelles technologies à venir, il sera possible et efficace de posséder chez soi son propre générateur d’énergie ou de rendre des bâtiments neutres voir générateur d’énergie. Que ce soit les panneaux photovoltaïques déjà connus, ou les nouveaux développements qui permettrons de transformer les bâtiments en lieux de production d’énergie grâce aux micro-algues, la décentralisation énergétique sera possible. Imaginez des façades vitrées derrière lesquelles vivraient en symbiose des hommes et des algues ! Certains cabinets d’architectes ont déjà déposés des brevets dans ce sens (cabinet X-TU). Il serait même possible de faire produire à ses algues des substances utiles comme des molécules actives qui rentrent dans la composition de médicaments. L’indépendance énergétique deviendrait locale. Tous ces générateurs d’énergie pourraient être reliés entre eux en réseau pour constituer un « internet de l’énergie », ce qui permettrait de palier aux déficiences ou aux surproductions locales d’énergie. C’est le concept de smart grid. C’est aussi utiliser la seul énergie renouvelable possible celle du soleil !

Projet du cabinet X-TU

L’agriculture locale

Les excès de la monoculture intensive sous perfusion d’engrais et de pesticides pratiquée sur des surfaces agricoles gigantesques même si elle n’est pas soutenable sur le long terme ne devrait pas disparaitre rapidement, surtout avec bientôt 9 milliards de bouches à nourrir. On observe néanmoins avec l’agriculture biologique ou bio-dynamique et le mouvement locavore une volonté de retour vers une forme plus locale et raisonnée de l’agriculture. On voit aussi apparaitre des propositions émanant de cabinet d’architectes de fermes verticales ou de bâtiments auto-suffisants en nourriture. La relocalisation et la prise d’autonomie des citoyens au niveau de leur approvisionnement en denrées alimentaires n’est pas anecdotique. Je pense même si c’est balbutiant que l’urbanisme des villes évoluera pour intégrer des zones de production locale de produits agro-alimentaires.

Tower Farm

Voici donc la tendance générale, celle de la relocalisation et de la transformation des utilisateurs en producteurs qui, à mon avis, se dessine pour l’avenir. D’autres modes de fonctionnement économique encore centralisés devraient subir à terme le même sort. Si vous en avez identifié quelques-uns, n’hésitez pas à me les laisser en commentaire.

Décentralisation
La transformation de l’énergie solaire et la production de matière, de manière locale, est l’apanage sur terre du vivant lui-même. Si celui-ci fonctionne ainsi depuis des milliards d’années, c’est parce que c’est la méthode la plus optimale permettant sa subsistance et sa résilience. Que nos sociétés convergent vers ses modes de fonctionnement fait sens, mais les bouleversements sociaux-économiques seront fort et ponctués de crises plus ou moins fortes. Hélas nous n’avons pas écouté les leçons de la nature au moment des premières révolutions industrielles, peut-être que le chemin du progrès aurait été plus rapide vers les bonnes solutions.


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